Le géant du luxe LVMH veut revendre les journaux scientifiques Sciences et Avenir et La Recherche, quatre mois après les avoir rachetés en bloc avec le magazine économique Challenges, ont annoncé mercredi les représentants du personnel de Croque Futur, le groupe qui rassemble ces titres.
( AFP / STEFANO RELLANDINI )
Selon eux, LVMH a justifié ce projet par le fait que "Croque Futur doit se concentrer sur la remise à flot" de Challenges. Celui-ci "a perdu l'an dernier 7,5 millions d'euros, contre 1,8 million pour les deux magazines scientifiques (essentiellement Sciences et Avenir)", ont indiqué dans un communiqué les élus du CSE (comité social et économique) de Croque Futur.
"Le président de Croque Futur, Maurice Szafran, et le directeur général, Thierry Massé, n'ont pas donné d'échéance pour cette vente, précisant qu'aucun repreneur potentiel n'avait pour l'heure été recherché", ont-ils précisé après une assemblée générale.
Propriété du milliardaire Bernard Arnault, LVMH a racheté le 30 décembre les trois magazines à l'homme d'affaires Claude Perdriel, qui s'est retiré de la presse à l'âge de 99 ans.
Sollicité par l'AFP, LVMH n'a pas réagi dans l'immédiat.
"L'annonce d'une future revente déçoit (...) encore plus des journalistes extrêmement engagés dans leur métier, mais démotivés par ces multiples revirements", écrivent les élus du CSE, en pointant un "manque d'intérêt pour les titres de sciences de la part de LVMH".
Selon eux, après le rachat par LVMH, "plus de la moitié des journalistes permanents ont d'ores et déjà fait valoir leur clause de cession", dispositif légal qui permet de partir quand un média change de propriétaire, et la future revente "devrait en inciter davantage à quitter l'entreprise".
Depuis le rachat des trois magazines par LVMH, le contexte est tendu entre leurs rédactions et le géant du luxe.
En février, les salariés de Challenges, Sciences et Avenir et la Recherche avaient voté une motion de défiance contre leur direction et LVMH, à qui ils reprochaient notamment de ne pas avoir signé leur charte d'indépendance.
Puis les journalistes de Challenges s'étaient mis en grève fin avril, une première dans l'histoire du titre. Mardi, ils ont approuvé l'arrivée d'un nouveau directeur, Emmanuel Duteil.
LVMH est déjà propriétaire du quotidien économique Les Echos et du quotidien généraliste Le Parisien (groupe Les Echos-Le Parisien), du quotidien libéral L'Opinion, du site d'actualité financière L'Agefi et de l'hebdomadaire Investir-Le Journal des Finances.
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